En étant permanent
Chaque antenne est dirigée par un responsable qui coordonne et vit la mission du Rocher. D’année en année des permanents (éducateur spécialisé, assistant social…) viennent compléter nos équipes sur le terrain au cœur des quartiers populaires.
Amaury, 28 ans, responsable de la mission de Marseille depuis septembre 2012
" Après avoir travaillé plusieurs années comme journaliste, j’ai eu envie de faire plus : non pas me contenter d’écrire sur ce qui va mal ou de mettre en avant les initiatives porteuses d’avenir, mais bien de mettre la main à la pâte. Et comme j’étais interpellé depuis longtemps par la question des banlieues, c’est naturellement vers Le Rocher que je me suis orienté. Mais de là à s’engager en tant que responsable d’antenne (donc pour trois ans) et en famille (je suis marié et ai trois petites filles), le grand saut n’était pas évident. Mais nourris par des lectures et des rencontres très fortes et rassurés sur le fait que venir en famille dans la cité était plutôt un avantage qu’un handicap (être un papa confère d’emblée une autorité et une mère de famille est très respectée), ma femme et moi avons finalement pris la décision. L’envie de passer à l’action, de faire ça en France et non de partir à l’autre bout du monde, de choisir une certaine radicalité de vie, de nous plonger dans cet univers qu’est la banlieue pour la connaître de l’intérieur et cesser de l’imaginer à partir de ce que nous en disent les médias, de vivre une aventure forte en famille, d’aller à la rencontre de l’autre, de donner trois années de notre vie pour les plus démunis, tous ces éléments nous ont poussés à tout lâcher pour nous engager au Rocher. Un pari un peu fou, certes, mais ne faut-il pas l’être aujourd’hui, au risque de passer à côté de sa vie ? "
Agathe, responsable de la communication du Rocher depuis septembre 2012
"Après obtention d’un diplôme de commerce international et de vaines recherches dans le journalisme, j’ai finalement choisi d’effectuer un an de service civique au sein du Rocher. Depuis deux mois, je suis en CDD d'un an, afin de m'occuper de la communication de l'association. Parcours original mais non moins linéaire, car c’est au cours de mes études et différents séjours à l’étranger, que le désir de vivre en cité m’est apparu. Notamment, lors d’un stage à la Mission Economique de Tel Aviv, où j’ai eu la chance de rencontrer des personnes phares, et de prolonger cette expérience durant deux magnifiques mois à Jérusalem dans un hospice pour handicapés et enfants placés par les services sociaux. Immergée en milieu essentiellement musulman et auprès des plus démunis, confrontée aux carences physiques, affectives, psychologiques, j’ai alors ressenti le désir inexplicable, mais manifeste, de vivre auprès d'eux, en France. Consciente de sacrifier l’exotisme, ou du moins, la vie en pays inconnu qui m’est si chère. Cette période d’incertitude quant à mon avenir professionnel était donc providentielle pour incarner ce désir... Sans quoi le temps l’aurait-il peut-être étouffé ?"



